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Qui sommes-nous ?

Une grande famille aux mille couleurs, unis dans un combat pour l’amour.

Nous sommes des artisans de la civilisation de l’amour, de toutes origines, toutes confessions, tous âges.

Nous choisissons chacun, en restant fermement fidèle à nous-même et à notre foi personnelle, d’accueillir l’autre tel qu’il est, sans jugement, dans une entière gratuité et une infinie bienveillance.

Nous sommes des cœurs ouverts, à vif, prêts à recevoir amour ou violence, sûrs que l’amour qui est en nous et que nous choisissons sera toujours vainqueur quel qu’en soit le prix à payer.

Nous annonçons que les soldats de Daech sont nos frères, nos fils, nos sœurs, nos filles, par l’amour que nous choisissons de leur offrir.

Nous avons choisi d’espérer au milieu de la nuit, de croire en l’autre et en l’Amour, jusque dans la barbarie. De croire que cet amour est partout et en tous même si certains choisissent de ne pas en vivre.

Ce combat se joue dans nos propres cœurs, quotidiennement, là où nous ne savons pas aimer, là où nous n’avons pas envie d’aimer, à commencer dans notre entourage immédiat. Comment aimer celui qui est loin si celui qui est à côté de nous nous laisse indifférents ou haineux ?

Ô mort, ô haine, ô violence, te voilà dans les soubresauts de ton agonie. Tu jettes, désespérée, tes derniers gémissements, tes dernières attaques, tes derniers  grondements effrayants, tes dernières armes, la dernière goutte de ton venin mortel car te voilà à terre, vaincue, aux portes de la mort. Tu me blesses cruellement mais ta  déchéance est totale et tes horreurs sont le signe de ton anéantissement proche.

Nous avons donc choisi de répondre à cette invitation !

Pourquoi donner un nom ?

Et comment ?

« A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connait, si ce n’est celui qui le reçoit » (Apocalypse  2,17).

Nous ne connaissons pas les personnes pour lesquelles nous prions. Néanmoins, nous savons que chacun d’eux est un être créé et aimé par Dieu. Tout d’abord, le fait de donner un prénom nous aidera à rester conscients du fait que nous avons affaire à des individus, des êtres humains et non pas des monstres, même si leurs actes peuvent être monstrueux. Pour cela, il n’est pas nécessaire de connaître les noms qui leur ont été donnés par leurs parents.

Un parent qui donne un prénom à son enfant, le choisit longuement. Il est le reflet de toute l’intention d’amour du parent pour celui qu’il ne connait pas encore mais qu’il a choisi de chérir. Le prénom donne donc une identité selon l’amour.

Nous connaissons plusieurs motifs de choix/ de don de noms supplémentaires :

  • Lors de la confirmation il est possible de choisir un nouveau prénom.
  • Lors de vœux religieux (mais aussi lors de divers rites initiatiques), un autre prénom est souvent donné comme signe d’un nouveau départ.
  • Des artistes se donnent des pseudonymes.
  • Nous donnons des petits noms à nos proches.
  • La Bible nous donne de nombreux exemples de prénoms réofferts lors de vocations, de chemins de vie qui se dessinent : Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, Jacob devient Israël, Simon devient Pierre, Saül devient Paul…

Le prénom que nous choisissons ne remplacera donc jamais le prénom actuel de celui que nous adoptons, mais il s’ajoute à l’identité de la personne. Il exprime seulement notre désir de voir le chemin de celui à qui nous le donnons s’orienter vers l’Amour. Et comme lorsque Dieu dit à Abram : « Quitte ton père et ta mère et va vers le pays que je t’indiquerai » (Genèse 12,1) et qu’alors Abram devint Abraham, nous aussi nous venons dire à cette personne que nous adoptons : « Quitte ton passé, quitte ta vie actuelle et va vers l’Amour ».

Nous sommes des artisans de la civilisation de l’amour, de toutes origines, toutes confessions, tous âges.

Ce combat se joue dans nos propres cœurs, quotidiennement, là où nous ne savons pas aimer, là où nous n’avons pas envie d’aimer.

Mais qu’est-ce qu’aimer ?

Aimer c’est vouloir le bien de l’autre, quels que soient ses actes.

C’est proclamer la dignité humaine supérieure à nos actes, aussi pauvres ou monstrueux soient-ils.

C’est annoncer qu’il existe, en moi et jusque chez mon pire ennemi, un espace toujours vierge, prêt à accueillir la vie, l’amour, l’éternité. Un espace aimable car qui pourrait aimer le mal ? Personne ! Je ne peux aimer que ce qui est bon en moi et chez l’autre.

Aimer c’est croire en la capacité de chacun à choisir un jour, librement, de faire de sa vie un acte d’amour qui reçoit et donne.

Aimer, c’est reconnaître que, moi le premier, Dieu m’a aimé gratuitement, amené à la vie gratuitement, pardonné gratuitement, soutenu gratuitement, consolé gratuitement.  Est-ce que je le mérite ? Est-ce que ces soldats de Daech le méritent ? Mais l’amour parle-t-il de mérite ? Cherche au fond de ton cœur et écoute. Tu entendras : « Tu es si petit, si pauvre par toi-même, si blessé de mille et une morts et pourtant te voilà si merveilleux, si resplendissant par cet Amour qui peut jaillir de toi si tu le choisis. Laisse-moi aimer à la démesure, ne me fais pas taire. Tu es libre ! Libre d’aimer, libre de me laisser aimer. T’aimer toi ! Et aimer en toi et par toi…jusqu’où tu me le permettras ! Ne me retiens pas ! Sois un vivant ! »

Aimer c’est aussi être ambitieux. L’amour ne tolère pas la médiocrité mais il affirme : « Tu peux aller bien plus loin, bien plus haut, ne t’arrête pas ! ». Cela vaut pour nos propres vies mais aussi pour ces soldats de Daech. Notre amour doit espérer un total retournement de leur cœur, un total revirement de leurs engagements et de leurs actes et cela jusqu’à la dernière minute de leur vie. Mais si nous l’espérons, ne l’attendons pas car nous sommes dans la gratuité, soyons seulement prêt à l’accueillir quand il sera là.

Tout cela est si simple mais si exigeant ! Qui relèvera ce défi ?

Et la justice ?

Cela veut-il dire qu’il n’y a pas de justice ?

Cela veut-il dire qu’il faille ranger les armes, me laisser tuer ou regarder ceux qui souffrent sans rien dire? Non, non et non ! Car notre colère est sans mesure face au mal. Et cette colère nous l’assumons en choisissant de poser des actes de vie et d’amour.

Notre vengeance face à la mort et à la haine, c’est notre amour !

L’amour est juste, il invite toute personne à assumer les conséquences de ses actes tout en prenant en compte les circonstances qui l’ont amené à agir ainsi. De plus, l’amour prend soin des plus faibles et ne tolère aucune entrave à leur dignité humaine dont elle est la garante.

Il est donc absolument nécessaire que la justice s’applique envers des actes criminels et que tout soit fait, absolument tout, pour protéger ceux qui sont persécutés et mettre fin à ces guerres ignobles.

Il est de même absolument nécessaire de ne pas banaliser, de ne pas atténuer, de reconnaître l’injustice, l’atrocité, la barbarie, l’humiliation subis par les victimes et de leur apporter toute aide et protection possible.

Nous invitons tous ceux qui ressentent cet appel, à aider par tous les moyens possibles, les victimes de ces guerres et à arrêter la barbarie.

Aimer c’est croire en la capacité de chacun à choisir un jour, librement, de faire de sa vie un acte d’amour qui reçoit et donne.

Notre vengeance face à la mort et à la haine, c’est notre amour !

Tout cela est si simple mais si exigeant ! Qui relèvera ce défi ?